Des sons que tout le monde trouve ordinaires deviennent insupportables : la vaisselle, un aspirateur, une conversation animée. L’hyperacousie n’est pas une question de caractère, c’est un trouble de la tolérance sonore, et elle se prend en charge.
Reconnaître le trouble
On parle d’hyperacousie quand des sons de niveau modéré provoquent une gêne, une douleur ou une réaction de fuite. Elle accompagne souvent des acouphènes, et survient fréquemment après un traumatisme sonore. Elle est également fréquente chez les musiciens et chez l’enfant présentant un trouble du neurodéveloppement.
Elle se mesure : la recherche du seuil d’inconfort compare votre tolérance aux valeurs attendues, fréquence par fréquence. Des questionnaires validés complètent l’évaluation.
Le piège de la protection permanente
Le réflexe naturel est de se protéger en permanence — bouchons toute la journée, évitement des sorties. C’est contre-productif : privé de stimulation, le système auditif abaisse encore son seuil de tolérance et le trouble s’aggrave.
La protection reste indiquée face aux expositions réellement fortes : concerts, travaux, milieu bruyant. Ailleurs, l’objectif est inverse.
La thérapie sonore progressive
Le principe est une réexposition douce et contrôlée : un bruit de fond de faible niveau, porté plusieurs heures par jour, dont l’intensité augmente très progressivement sur plusieurs mois. Le seuil de tolérance remonte, et avec lui la vie sociale.
Ce travail se fait avec un audioprothésiste formé, en lien avec l’ORL, et parfois avec un accompagnement psychologique lorsque l’évitement s’est installé. Comptez plusieurs mois : les résultats sont progressifs mais réels.
Voir aussi les acouphènes, fréquemment associés, et l’ensemble de notre prise en charge des troubles auditifs complexes.